Un amour plus fort que le temps PDF

C’est un grand moment, plein d’inquiétude et d’excitation. Enfin un amour plus fort que le temps PDF ces mois d’angoisse, collège ou pas collège, Vincent, Haby et Anaîs ont pu rentrer au collège.


Une histoire incroyable : Leslie Maitland, journaliste au New York Times, est partie à la recherche de l’amour de jeunesse de sa mère, disparu dans la tourmente de la guerre. Une histoire où l’amour se moque du temps et des frontières.

Nous sommes en France, en 1941 : Janine, une jeune fille juive allemande, originaire de Fribourg, tombe amoureuse de Roland, un jeune Français catholique, dans le village de l’est de la France où elle s’est réfugiée. Fuyant les nazis, elle rejoint Marseille avec sa famille, où ils doivent embarquer à bord d’un bateau pour les Etats-Unis. Roland les suit à la trace et, lorsque le bateau quitte le quai, le jeune homme l’accompagne à bord d’une barque et jette des fleurs dans son sillage. Aux Etats-Unis, Janine se mariera et aura deux enfants. Mais Roland restera toujours l’homme de son cœur, son seul et unique amour.
Leslie Maitland grandira avec cette histoire, que sa mère ne cessera de lui raconter. Après la mort de son père, Leslie décide de partir à la recherche de Roland, qui est peut-être encore en vie. Le livre raconte à la fois l’histoire de l’amour improbable entre Janine et Roland et la quête de sa fille. Leslie retrouvera Roland, Janine et lui se reverront, et ils finiront même, après quelques années, par vivre ensemble.

2018 pour que Vincent et ses amies de Bobigny restent dans le 93 pour poursuivre leur scolarité, nous avons eu droit à la leçon de morale de la chauffeure de taxi : « quand même, Noisiel c’est loin, vous avez pensé à votre fils en l’inscrivant si loin ». Là tu te dis que l’enfer est vraiment pavé de bonnes intentions et que la pitié et la condescendance sont bien les pires des sentiments ! A nouveau, tu souris et tu répètes, «vous savez,  il est juste sourd, c’est un collégien tout ce qu’il y a de plus normal, un ado, donc c’est logique qu’il refuse de vous tenir la main » et cette « charmante » dame fini la conversation par un « oui mais quand même » qui montre le fossé qu’il y a entre sa vision de Vincent et la nôtre ! Nous ne sommes que le 17 septembre, même pas trois semaines après la rentrée des classes, je sens que l’année va être rude avec elle ! Vincent qui rêvait d’aller seul au collège, il se retrouve avec un garde-chiourme obtus, bon il va falloir gérer ! Super à l’aise Vincent, intimidé par le principal mais comme un poisson dans l’eau dans le labyrinthe de son collège, heureux d’être là.

Nous avons fait plus ample connaissance avec les profs, les interprètes, les interfaces, toute une équipe pédagogique autour des enfants, avec un but clairement énoncé, les porter au plus loin, leur donner toutes leurs chances, des élèves comme les autres, et une langue respectée par tous. Je suis sortie épuisée de la bataille avec l’Éducation Nationale pour que Vincent puisse entrer dans le dispositif LSF du collège du Luzard de Noisiel, lui et ses amies, mais je crois vraiment que cela en valait la peine. C’est un beau projet, la philosophie est claire et s’accorde avec la nôtre, les élèves sourds sont des élèves avec juste une autre langue que leurs camarades qui entendent. Une page se tourne, mon tout petit est devenu grand, il change, pour moi c’est aussi une étape, une autre façon d’être maman et d’accompagner Vincent qui s’apprête à passer la porte de l’adolescence, son frère Tristan qui part vivre à San Francisco, et leur sœur qui vit en Sicile. D’une certaine façon lâcher prise, tout en étant là, sans rien lâcher dans le fond, tout près dans ma tête et dans mon cœur, prête à soutenir, aider, se battre avec, se battre pour, mais en laissant de l’espace à mes petits pour qu’ils construisent leur vie. C’est un grand défi, avoir encore plus confiance en Vincent, savoir s’effacer pour lui laisser toute la place de s’épanouir, tout en veillant aux grains ! A lui de commencer à construire son identité, son avenir, même si son univers est encore plein de jeux d’enfants, son corps change, sa façon d’être aussi.

Grande rentrée pour lui donc mais aussi pour moi. Vincent, nous avons fait la demande de la poursuite de sa scolarité en collège en LSF. Depuis 2017, pour tous les parcours scolaires d’enfant sourd, quel que soit son choix, une notification MDPH est obligatoire. Au vu de notre notification reçue, cette nécessité est-elle réelle ? En avril 2018 nous avons reçu la notification MDPH. Nous avions demandé le dispositif PEJ.