Sociologie des mouvements sociaux. 3ème édition PDF

Tant que nous ne sommes pas tous abolitionnistes : Marx sur l’esclavage, la race et la classe. Soutien à l’expo d’Ahlam Shibli et au Musée du Jeu de Paume : Sociologie des mouvements sociaux. 3ème édition PDF collective ce dimanche a 15 H !


Ce livre propose de contribuer à une analyse rigoureuse de la dynamique des mouvements sociaux. Au-delà d’un panorama des théories, l’auteur insiste aussi sur les acquis les plus récents des travaux scientifiques pourquoi certains groupes se mobilisentils plus facilement ? Comment percevoir les problèmes sociaux qui s’y expriment. Quel rôle les médias jouent-ils dans les mobilisations? Comment les mouvements sociaux pèsent-ils sur les politiques gouvernementales? Comment l’Etat tente-t-il de les  » domestiquer  » ?

Je voudrais remercier l’université de Berkeley et en particulier le département d’études ethniques pour cette invitation qui me fait honneur. Avant d’aborder cette notion d’intersectionalité, je voudrais clarifier un point. Je ne parle pas ici à partir d’un point de vue culturaliste, religieux ou identitaire. Je parle d’un point de vue matérialiste et décolonial.

J’insiste sur ce point, car en France, exprimer un point de vue critique de l’universalisme blanc est immédiatement interprété comme culturaliste, particulariste. Ceci était une brève introduction, je vous propose maintenant d’entrer dans le vif du sujet. Que signifie pour nous, Indigènes de la république, la notion d’intersectionalité, et surtout quelle est son utilité politique, pourquoi devons-nous nous y intéresser ? La première raison est que ce concept est née de la conscience en luttes des femmes noires et qu’il existe une communauté d’expérience entre l’ensemble des femmes of color des Etats-Unis et d’Europe. Parce qu’en tant qu’organisation politique, on se doit de penser la condition des populations qui constituent notre base sociale potentielle : les sujets coloniaux en France. Les deux patriarcats ont de nombreux traits en commun mais ils ont aussi des intérêts contradictoires.

Parce qu’il y a un féminisme blancs et des mouvements LGBT eurocentriques et hégémoniques. Le féminisme blanc, les mouvements LGBT tout comme le patriarcat blanc ou le mouvement ouvrier blanc peuvent se rendre complices de politiques réactionnaires et racistes pour la préservation de leurs privilèges et intérêts blancs. Parce que le féminisme et le mouvement LGBT peuvent être instrumentalisés par le pouvoir indépendamment des positions politiques de ces mouvements qui, certains, sont antiracistes et anticolonialistes. Pour des raisons stratégiques : lorsqu’on est une organisation politique, on se doit de penser les alliances potentielles.

Je dois admettre que la conscience de l’intersectionalité en milieux blancs, notamment chez les féministes, est indéniablement un progrès. Articulez race, classe et genre, voire orientations sexuelles ! Comme si l’évocation de l’intersectionalité avait des pouvoirs magiques. C’est comme si la conscience des oppressions croisées combinée avec les mots pour le dire suffisaient à définir une politique et surtout à la mettre en pratique. On nous dit aussi : Pratiquez l’entre soi des femmes, comme l’ont fait les féministes blanches. Pratiquez la non-mixité, excluez les hommes indigènes.

Confrontez au réel et aux luttes concrètes, ces conseils ne sont que de peu d’utilité même lorsqu’ils sont parfaitement sincères et bienveillants. Ainsi, les femmes agissent pour leur intérêt propre tout en agissant pour l’intérêt global de leur communauté. Bien sûr, ce féminisme n’a pas le caractère absolu d’un féminisme radical, mais j’ai bien dit tout à l’heure que je parlais d’un point de vue matérialiste. Les femmes de l’immigration, majoritairement pauvres, sont dépendantes des solidarités familiales et communautaires, c’est pourquoi, elles ne peuvent pas se permettre le luxe de la rupture. Ainsi, la formule politique qui se dégage de tout cela, n’est pas d’affirmer l’entre soi des femmes mais celui du tous ensemble indigène. Il ne suffit pas d’articuler mécaniquement et explicitement féminisme et antiracisme pour libérer les femmes. Il faut adapter sa politique aux contraintes des femmes.

Ainsi, je ne préconise pas l’intersectionalité militante au sens où il faudrait livrer bataille simultanément à 3 ou 4 ennemis principaux du fait de l’irréductibilité des différentes oppressions et de leur simultanéité. Je préconise le droit de définir son propre agenda, ses priorités. Peut-être ces priorités vont-elles se décider sans les hommes, peut-être avec, peut-être en rupture, peut-être sous forme de négociation. Ce que je dis des femmes, et quasiment identique appliqué aux homosexuels musulmans et noirs vivant dans les quartiers populaires. La plupart d’entre eux choisissent consciemment l’invisibilité car le coming out peut avoir des conséquences dramatiques. Il est évidemment perçu comme blanc.

Pour conclure, ce que je dis aux féministes blanches, aux LGBT et les Blancs en général, c’est de cesser de nous donner des conseils et de s’ingérer dans nos luttes mais de convaincre les autres blancs que le féminisme tout comme les luttes LGBT, tout comme l’anticapitalisme sont eurocentriques et qu’ils doivent être décolonisés. Je disais tout à l’heure que nous n’étions pas des héroïnes. Ce contenu a été publié dans Actualités, Actus PIR, Houria Bouteldja. Il existe deux mots homonymes livre.

L’expression religions du Livre fait référence aux religions juive, chrétienne et islamique. Un livre blanc est un document officiel publié par un gouvernement ou une organisation internationale. En comptabilité, le grand livre est le recueil de l’ensemble des comptes d’une entreprise. Un livre numérique est un fichier informatique pouvant être lu par un appareil électronique portable voué à l’affichage de textes numérisés.