Quand les entreprises s’engagent en banlieue PDF

On a tous eu un professeur qui émerge dans nos souvenirs au milieu d’un océan d’heures d’ennui en classe. Un ou une qui vous a fait d’un coup quand les entreprises s’engagent en banlieue PDF intéresser à l’histoire ou aux maths simplement parce qu’on savait vous parler et vous amener à vous surpasser dans une matière où vous vous sentiez nul. Ce jeudi 23 mai, la classe est lancée dans les révisions. Au programme, un cours sur la justice sociale.


Stigmatisation et discrimination d’un côté, autocensure et méconnaissance du monde du travail de l’autre, autant d’obstacles à surmonter avant que les entreprises et les habitants des quartiers populaires ne trouvent un terrain d’entente. Et pourtant, par conviction et / ou par intérêt bien compris, des acteurs du monde économique, en lien avec des structures diverses, ont inventé des dispositifs pour rendre possible ce rapprochement. De la peur du gendarme à la prise de conscience sociale, du besoin en recrutement à la méthodologie adaptée, il n’y aurait donc qu’un pas, que nombre d’entreprises ont franchi. Tous ces acteurs témoignent ici de leur parcours, de leurs pratiques, de leurs tâtonnements et, parfois, de leur combat pour que les habitants des quartiers prennent leur place dans la société. Tous invitent à cette prise de risque qu’est la diversité, source de richesse humaine mais aussi de gains économiques. Guide pratique à l’usage des entreprises, ce livre se veut un plaidoyer pour que deux mondes parviennent à communiquer puis à s’entendre, dans l’intérêt de chacun, dans l’intérêt de tous.

Ils sont trente assis dans une petite salle. Avec ses grands, ses petits, ses noirs de peau ou basanés, ses filles et garçons aux vies compliquées souvent, la terminale 2 est une classe typique de cette ville populaire. Durant une heure, les élèves vont à tour de rôle lire à haute voix leurs notes pour structurer leur fiches. A l’exception d’une jolie métisse prise par une irrépressible envie de dormir. L’après midi a déjà été éprouvante avec son épreuve de bac blanc d’espagnol et le cours d’EPS.

Jérémie Fontanieu se démène comme un beau diable et soudain s’exclame quand un élève qui n’intervient jamais répond à une question :  ça fait plaisir! Tout d’un coup, on se dit qu’on aurait rêvé d’assister à un cours comme celui-là. Ces élèves aux niveaux disparates, le jeune prof, ancien de Sciences-Po, les a découvert en septembre, peu motivés et pas du tout travailleurs. Ayant lu tout Pierre Bourdieu et Bernard Lahire, il savait la reproduction sociale de l’école, le plafond de verre pour ces enfants de banlieue et le déterminisme fataliste des enseignants. Je voulais changer cette fatalité , dit-il d’un ton péremptoire. Dés la rentrée, ces derniers sont invités avec empressement à assister à une réunion. Tous les lundis matin, un QCM vient vérifier la leçon apprise ou pas.

Ils sont corrigés dans les deux heures et notés sévèrement. Les notes ont suivi la courbe des efforts. La classe a progressé, les plus faibles comme les meilleurs. Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui ont des parents qui peuvent les aider et les autres. Laura et Randa ont été repêchées en fin de première. Depuis le début de l’année, elles ont décollé. En voyant les résultats, on a vu qu’on n’était pas bête.

On a fini par croire aussi en nous , explique la première, petite blonde menue. Quand ils travaillent ces élèves peuvent déchirer, feint-il de répondre. Post scriptum : le 11 juillet, les résultats sont tombés : 33 élèves sur les 35 de la classe ont obtenu le précieux sésame. Nous réussirons l’an prochain , commente le jeune enseignant. Cette entrée a été publiée dans Non classé.