Phèdre : Suivi de La pharmacie de Platon PDF

Afin de combattre une calamité ou de chasser une force mauvaise et menaçante, une personne, parfois revêtue de vêtements sacrés, ou un animal était choisi et traîné hors de la cité, où il était parfois mis à mort. Phèdre : Suivi de La pharmacie de Platon PDF Théocrite, Simaitha et sa servante Thestylis, les deux femmes qui mènent un rituel de magie amoureuse ou de sorcellerie dans l’idylle II, sont appelées dans le titre grec de l’idylle pharmakeutriai, c’est-à-dire faiseuses ou utilisatrices de pharmaka, autrement dit pharmaciennes. Le rite d’exécution du pharmakos est la lapidation.


Comment parler, pourquoi écrire ? Voilà de quoi discutent, en cette fin du Ve siècle avant J.-C., deux
Athéniens étendus près d’un gattilier en fleur, à
l’ombre d’un platane sous lequel coule une source,
sur les bords de l’Ilissos, à quelques centaines de
mètres de l’Acropole. Mais comment évoquer le
pouvoir du discours sans parler de la réalité qui
produit le discours et sur laquelle s’exerce son pouvoir, l’âme humaine, résidu de ce principe qui meut les corps célestes et même l’univers en son entier ? Le Phèdre est un des très grands dialogues de Platon il est à la fois extraordinairement divers dans son fond, puisqu’il y est question de la mort, de l’amour, de la rhétorique et de l’écriture, et dans sa forme car on y trouve dialogues, discours, descriptions, mythes et prières. L’art littéraire de Platon s’y développe remarquablement. Au texte présenté, traduit et annoté par Luc Brisson, cette édition joint  » La pharmacie de Platon  » de Jacques Derrida, le passionnant commentaire d’un des
thèmes du Phèdre, l’origine et la valeur de l’écriture.

Ce rite est décrit par le géographe grec Strabon en ces termes :  Il avait été d’usage à Leucade, que chaque année, le jour de la fête d’Apollon, on précipitât du haut du cap Leucate, à titre de victime expiatoire, quelque malheureux poursuivi pour un crime capital. Grèce antique, à partir d’une réflexion sur le Phèdre de Platon. Socrate : Le dieu Theuth, inventeur de l’écriture, dit au roi d’Égypte :  Voici l’invention qui procurera aux Égyptiens plus de savoir et de mémoire : pour la mémoire et le savoir j’ai trouvé le remède qu’il faut  – Et le roi répliqua :  Dieu très industrieux, autre est l’homme qui se montre capable d’inventer un art, autre celui qui peut discerner la part de préjudice et celle d’avantage qu’il procure à ses utilisateurs. Le mot pharmakon est aussi utilisé par Platon pour distinguer la mauvaise sophistique de la bonne philosophie : quand il s’applique aux sophistes, pharmakon est pris dans son sens de  poison , mais quand il s’applique à Socrate, au contraire, il est pris dans son sens bénéfique de remède.

Philodème de Gadara, Contre les sophistes, IV, 10-14. Le langage soigne ses propres maux par les mots. La double nature du verbe, où gisent à la fois le mal et le remède, se lit par exemple dans la formule ambiguë de Wittgenstein : « La philosophie est un combat contre l’ensorcellement de notre intelligence par le moyen de notre langage. René Girard en a fait l’un des fondements de sa théorie du bouc émissaire dans La Violence et le Sacré. Jacques Derrida, La Dissémination, 1972, Seuil,  Points-Essais , p.