Ozu à présent PDF

12 décembre 2016 Longtemps pensé que les lieu et place ozu à présent PDF du secret se tenaient dans l’érotisme. En réalité, et cela n’est pas si loin, il est un sanctuaire plus indépassable, c’est la mort, ce fendu en deux qu’est l’éprouvé du deuil, invisible aux regards extérieurs, qui échappe à la signalisation alors que la fracture intervenue libère une intimité colossale rendue inatteignable par le sertissage dans la solitude, même au sein du groupe ou d’une famille.


Cinquante ans après la mort de Yasujirô Ozu, ses films paraissent toujours actuels. Gosses de Tokyo, Printemps tardif, Le Goût du saké continuent de surprendre, d intriguer, d inspirer leurs spectateurs. Ce sont les différentes formes de présence du cinéma d Ozu dans la création et la pensée contemporaines que cet ouvrage tente de découvrir. Il était donc naturel de faire appel à des spécialistes, appartenant à des générations différentes et qui viennent d horizons proches ou lointains, du Japon aux Etats-Unis en passant par l Europe, pour arpenter cette voie nouvelle. Avec des approches variées, ces universitaires, critiques et artistes, tous amateurs du cinéaste de Voyage à Tokyo, éclairent la singularité de ses uvres et la nature de leur rayonnement. Ils nous invitent à emprunter des chemins de traverse pour dessiner les contours d un territoire ozuien. Tout d abord en précisant l évidence des hommages rendus par Wim Wenders, Hou Hsiao-Hsien, Pedro Costa, Claire Denis, Abbas Kiarostami, et Victor Erice qui font écho à la joyeuse sobriété du maître japonais. Puis, des résonances plus imprévues sont proposées du côté de Chantal Akerman, Takeshi Kitano, Terrence Malick, Hong Sang-Soo, Gus Van Sant, Alain Resnais, ou Kiyoshi Kurosawa… L exigence formelle et la liberté de ton des auteurs cités renouvellent les formes d expressions chères à Ozu, comme la durée prolongée, le point de vue flottant, la répétition narrative. Encore de nos jours, cette cinématographie reste au c ur de la réflexion sur la modernité artistique, philosophique ou culturelle. Au terme d un parcours qui relève l importance actuelle de Yasujirô Ozu, c est au cinéaste japonais lui-même que reviendra le dernier mot.

Je ne parle pas des larmes, des expressions tangibles qui transportent un peu du dedans vers un dehors apparent. Ce mirage de libération que sont les pleurs sert le cas échéant à maintenir d’autant mieux caché l’espace en question, l’enfouissant dans un au-delà inviolable organisé afin qu’on le laisse tranquille. Jamais estimé qu’il faille chercher à faire tomber la forteresse en bougeant des pierres dans un quelconque volontarisme. L’échange ne peut qu’échouer sur les défenses de l’autre, des ressentis parallèles appuyés sur des subjectivités croisées.

Ces derniers par définition ne se rencontrent jamais tout à fait, renvoient au solipsisme après avoir ménagé les brèches nécessaires. Je parle bien entendu de la perte d’une personne aimée. La guérison sinon peut vite survenir et on n’en parle plus. Mais dans l’autre cas, celui d’une perte irréparable ? L’Israélo-Américain Asaph Polonski a construit sur le fil du rasoir un premier film qui, sans casser des briques, touche au but en inversant la donne plus finement qu’il n’y paraît.