Néolibéralisme et autogestion: L’expérience argentine PDF

Manifestation à Buenos Aires en 2002, où on peut lire :  Banques, voleurs, rendez-nous nos dollars! La crise argentine est une grande crise économique et sociale survenue en Argentine entre 1998 et 2002, et dont certaines conséquences se prolongent jusque dans les années 2010. Articles connexes : Histoire de l’Argentine et Néolibéralisme et autogestion: L’expérience argentine PDF de l’Argentine. Sous le régime péroniste en place entre 1946 à 1955, l’Argentine perd rapidement l’éclat qu’elle avait avant la Première Guerre mondiale.


Après 25 ans de politiques néolibérales, l’Argentine a traversé au début des années 2000 une crise sociale et politique majeure. Pendant plusieurs mois et dans le contexte d’une économie exsangue, piqueteros, assemblées de quartiers et entreprises « récupérées » par les salariés ont été les protagonistes de mobilisations massives et largement médiatisées. Dix ans plus tard, seules ces « récupérations » ont perduré. S’opposant à la fermeture de leur établissement, près de 10 000 travailleurs ont occupé leur lieu de travail pour le transformer en coopératives, devenant ainsi des icônes de l’altermondialisme. Entre 2003 et 2010, Maxime Quijoux a enquêté dans deux usines de Buenos Aires en mêlant entretiens et observations de terrain. Loin des imaginaires généralement véhiculés par ces luttes, il observe des ambiances de travail souvent contradictoires où se côtoient pratiques horizontales de démocratie ouvrière et conduites concurrentielles ou individualistes. Il découvre aussi des histoires salariales improbables au regard des mobilisations : sans expérience politique, ces salariés se distinguent en effet par une forte proximité avec le patron et ses politiques. Quelles sont alors les raisons qui poussent ces ouvriers modèles à se révolter contre leur employeur ? Comment vont-ils organiser leur lutte et se donner les moyens de poursuivre la production ? À partir de l’expérience argentine, ce livre se propose non seulement de redécouvrir l’autogestion à l’ère du néolibéralisme, mais aussi d’interroger la centralité culturelle du travail dans les sociétés contemporaines au travers du prisme du « travailleur zélé ».

Le retour de la démocratie en 1983 avec l’élection du radical Raúl Alfonsín est suivi de désordres économiques. Ce désastre provoque une réaction radicale. Le FMI annonce que la communauté financière peut désormais avoir confiance et doit investir en Argentine. Le système de change choisi est favorable tant que le dollar ne s’apprécie pas par rapport aux monnaies des pays avec lesquels l’Argentine commerce. La dévaluation soudaine du réal brésilien et la montée constante du dollar provoquent rapidement un blocage des exportations. L’Argentine est entraînée dans une déflation sévère.