Mami Wata mère des eaux : Nature et communautés du littoral ouest-africain PDF

Selon les traditions des deux côtés de l’Atlantique, l’esprit enlève ses adeptes ou des gens au hasard alors qu’ils nagent ou qu’ils sont en bateau. Mami Wata à la promiscuité sexuelle et à la luxure est paradoxalement liée à la fidélité. Mami Wata est immanquablement à sa toilette, se coiffant les cheveux en se regardant dans un miroir. Quand elle remarque l’intrus, elle s’enfuit dans l’eau en laissant ses affaires derrière elle, dont mami Wata mère des eaux : Nature et communautés du littoral ouest-africain PDF voyageur s’empare.


Cet ouvrage se présente sous la forme d’un voyage naturaliste le long du littoral ouest-africain, du désert de la Mauritanie aux forêts denses de la Sierra Leone. Jusqu’à une époque récente, les peuples indigènes de ces régions ont utilisé l’espace et les ressources dans une relation d’intimité avec leur terroir basée sur leurs savoirs et leurs traditions. De cette intimité avec la nature sont nés mythes et superstitions comme la légende de Mami Wata, esprit féminin de la mer issu de la transformation d’une jeune femme en lamantin. Depuis quelques décennies, l’ouverture au monde, l’exploitation des ressources à des fins commerciales et l’existence de nouvelles technologies bouleversent en profondeur les équilibres naturels, culturels et sociaux. Plusieurs initiatives ont été développées par des individus et des associations qui cherchent, avec les communautés concernées, à maintenir un équilibre dynamique dans un contexte de mutation profonde. Les quelques exemples qui sont présentés ici constituent autant de lueurs d’espoir qui balisent les chemins du futur. L’alternative, évoquée de façon lapidaire par le slogan des migrants clandestins « Barça ou barsack » (Barcelone ou la mort), est claire : soit se donner les moyens d’un véritable développement durable et équitable au niveau local, soit continuer à nourrir le désespoir des migrants que les murs, les lois ou les polices d’Europe ne parviendront jamais à endiguer.

Des réunions peuvent avoir lieu, mais la déité est plus encline à des rapports individuels avec ses suiveurs. Elle a de nombreux prêtres et médiums en Afrique, en Amérique et aux Caraïbes, qui sont spécifiquement initiés. Le culte de Mami Wata consiste en des danses accompagnées de musique. Les adeptes dansent jusqu’à entrer en transe. Togo l’expression mami wata nè signifie que  la personne a la lèpre et que ses membres se sont transformés . Mami Wata est aussi appelée Iemanja dans la tradition du vaudou haïtien, un culte spécial lui est même consacré.

Eaux, déesse crainte des Pêcheurs, elle symbolise aussi bien la mer nourricière que l’océan destructeur. Aussi au Ghana mami wata signifie : »dame eau » . On retrouve une divinité similaire dans le tjenbwa martiniquais et guadeloupéen sous le nom de ‘Manman dlo’, ce qui rapprocherait de l’adaptation anglaise ou pidgin de l’anglais. Véronique Tadjo : Mamy Wata et le monstre. Anselme Djeukam – Sibo et la petite Mami Wata – Jeunesse L’harmattan, 2011. La mère des eaux de Rod Marty.