Madame Royale : l’énigme résolue PDF

Allemagne, apparaît en effet la rumeur selon laquelle une substitution aurait permis à Marie-Thérèse de se retirer du monde, tandis qu’une autre personne aurait pris sa place auprès de Louis XVIII et au sein de la famille royale. En 1803, apparaît en Allemagne un couple étrange. Lors de l’inventaire effectué à sa mort, on constatera que le linge de la  dame  était brodé madame Royale : l’énigme résolue PDF fleurs de lys.


Madame Royale, fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, s ur de Louis XVII, a profondément marqué son époque au point que Chateaubriand a pu écrire : Ses souffrances sont montées si haut qu’elles sont devenues une des gloires de la France. Et pourtant, certains historiens et chroniqueurs s’interrogent. Cette femme qui, de par son mariage avec le fils aîné de Charles X, porte le titre de duchesse d’Angoulême, est-elle réellement la fille du dernier couple royal ? Plusieurs pensent que la femme de 36 ans qui accompagnait Louis XVIII à son retour en 1814, n’était pas la jeune fille qui, en 1795, à l’âge de 17 ans, quittait la prison du Temple pour la cour de Vienne. Il y aurait eu substitution ! L’auteur s’est posé la question. Il s’est intéressé au comportement d’un couple étrange qui débarqua un soir de février 1802 dans une auberge d’une petite ville de Thuringe, un homme d’allure aristocratique accompagné d’une jeune femme au visage étrangement voilé. Qui sont-ils ? D’où viennent-ils ? Quel drame terrible les a conduits dans ce lieu ? Une enquête minutieuse à la recherche du plus petit détail, du moindre indice, du plus infime témoignage, l’a conduit à travers l’Europe du XIXe siècle vers cette femme au regard triste, à la voix rude, au ton brusque qui vit retirée dans ce lieu isolé qui a nom Frohsdorf près de Vienne. Et si c’était bien la vraie Madame Royale ?

Le 17 mars 1804, au lendemain de l’arrestation du duc d’Enghien, le couple quitte précipitamment Ingelfingen puis se réfugie en Wurtemberg. En 1806, le couple séjourne dans un château isolé près de Leyde, en Hollande. La vie quotidienne du couple est organisée autour de la protection de la dame : nul ne doit l’approcher, ni tenter de voir son visage qu’elle dissimule sous d’épais voiles noirs. Johanna Weber, la cuisinière attachée au couple à Eishausen , se voit interdire l’accès aux pièces de la maison autres que la cuisine. En 1810, la couronne d’Hildburghausen hérite des biens du baron de Hessberg, parmi lesquels figure le château d’Eishausen, situé à sept kilomètres d’Hildburghausen. Le château ressemblait aux propriétés seigneuriales : une grande maison à trois niveaux, un bloc carré et massif auquel on pénètre par deux perrons. Le couple résidera définitivement à Eishausen, pratiquement coupé du monde, et selon un train de vie princier avec par exemple des vins de grands crus, des liqueurs, des toilettes de Paris, de l’agneau pascal, des légumes de Bamberg.

La dame décède le 25 novembre 1837, au château d’Eishausen, sans prêtre ni médecin, veillée seulement par Vavel de Versay. Elle est inhumée — civilement — trois jours plus tard au Jardin de la Montagne, petite colline surplombant Hildburghausen. La tombe sera ouverte le 8 juillet 1891 et les restes seront identifiés comme étant ceux d’une femme. Le docteur Lommler, chargé d’établir le certificat de décès, affirma que la défunte devait avoir une soixantaine d’années et que son visage présentait une ressemblance frappante avec celui de la reine Marie-Antoinette. Le comte Vavel de Versay décède le 8 avril 1845 et est inhumé au cimetière d’Eishausen.

Le mystère d’Hildburghausen repose sur une double question essentielle : qui pouvait être cette  dame  et pourquoi fut-elle volontairement recluse loin du monde dans ces conditions ? ADN ont aujourd’hui complètement écarté cette hypothèse, depuis longtemps réfutée par de nombreux témoins et historiens. Malgré l’épais voile noir qui le dissimulait, le visage de la comtesse fut aperçu à deux reprises, outre le fait qu’il fut exposé au regard de ceux qui assistèrent à ses obsèques. Les faits physiologiques sont en effet particulièrement troublants : autant Marie-Thérèse et la comtesse des Ténèbres présentaient de grandes similitudes physiologiques avec Marie-Antoinette, autant la duchesse d’Angoulême ressemblait indubitablement à Louis XVI et ne présentait aucune des caractéristiques physiques de Marie-Antoinette. De nombreux graphologues ont comparé les lettres écrites par Marie-Thérèse pendant sa captivité au Temple, avec celles écrites ultérieurement par la duchesse d’Angoulême et ont conclu que ces lettres ne pouvaient émaner de la même personne. Un certain nombre d’éléments semblaient donc indiquer que la duchesse d’Angoulême ne pouvait, ni physiquement, ni psychologiquement, être Marie-Thérèse de France. Lors du voyage de Madame Royale vers Vienne, le prénom écrit sur son passeport était Sophie : elle était désignée comme Sophie Méchain, nom du gendarme qui l’accompagnait et la faisait passer pour sa fille.

Divers éléments sont cependant venus réfuter la thèse de la substitution de personnes et écarter l’hypothèse selon laquelle la  comtesse des Ténèbres  et Madame Royale ne seraient qu’une seule et même personne. Aussi, l’attitude de la duchesse d’Angoulême sous le Consulat et le Premier Empire confirme-t-elle son éducation royale. Nom donné par le comte Vavel de Versay au décès de la  dame . Malgré des recherches approfondies, il ne fut trouvé nulle trace d’une telle personne dans les registres de Westphalie.