Les États-Unis : Grande Puissance européenne PDF

Les relations entre la France et les États-Unis ont débuté avant même la création des États-Les États-Unis : Grande Puissance européenne PDF d’Amérique. Article détaillé : Histoire coloniale de l’Amérique du Nord.


Où en sont les relations entre l’Europe et les États-Unis ? Entre les Europes, faudrait-il dire, et l’Amérique, puisque, on l’a encore constaté lors des récentes crises internationales, Washington compte plus d’alliés indéfectibles dans l’ancien « bloc de l’Est » que dans la vieille Europe démocratique. Au-delà des tensions conjoncturelles et des vicissitudes diplomatiques, des rivalités entre puissances aussi qui se sont fait jour lors du conflit irakien, il faut, pour la comprendre, considérer cette histoire compliquée, à plusieurs partenaires, sur la longue durée. Celle qui commence avec la guerre froide, prend en compte la grandeur de la Russie soviétique et le déclin des années Gorbatchev puis les recompositions issues de l’après-11 septembre, et enfin, pour chacun des protagonistes, les enjeux de politique intérieure.

C’est l’objet de cet ouvrage, qui établit que, malgré les déclarations d’intention, les intérêts nationaux parfois divergents et les mésalliances, l’histoire des États-Unis est, depuis plus d’un siècle, une histoire européenne.

Catherine Durandin, écrivain, historienne, professeur à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, est l’auteur de plus de dix ouvrages concernant les États-Unis et l’Est européen. Elle a récemment publié La dynastie des Bush et La CIA en guerre.

Les États-Unis, vainqueurs de la guerre froide. L’Occident : puissance et interrogations. La jungle européenne. Les États-Unis et les guerres européennes. Les États-Unis, une puissance européenne ? Washington et les Russes. L’Amérique qui unit, l’Amérique qui divise. Les Europes et les États-Unis, la puissance et la sécurité. En guise de conclusion. Perspectives euroatlantiques ou confrontation entre le leadership et le chaos ?

Chateaubriand écrit dans la préface d’Atala  La France possédait autrefois, dans l’Amérique septentrionale, un vaste empire qui s’étendait depuis le Labrador jusqu’aux Florides, et depuis les rivages de l’Atlantique jusqu’aux lacs les plus reculés du haut Canada. Les relations entre la France et les États-Unis débutent avant même la création des États-Unis. Les Français sont parmi les premiers à explorer les côtes nord-américaines, à y installer des colons et à en explorer l’intérieur des terres. Article détaillé : France dans l’indépendance des États-Unis.

La France a soutenu le combat des indépendantistes américains. L’envoi de troupes et d’armes contre la Grande-Bretagne est conditionné par la volonté française de prendre une revanche sur l’humiliation de 1763. L’appui des insurgents américains répond aussi au désir des milieux éclairés d’établir une république sur le continent américain. L’amiral Charles Henri d’Estaing arriva à la tête d’une flotte et combattit aux côtés du général John Sullivan. D’Estaing perd le siège de Savannah. Pendant le traité de Paris, les négociations de paix se font sous la houlette de Benjamin Franklin, John Adams et John Jay.

Après la signature du traité de paix de 1783, deux grands partis politiques se forment aux États-Unis: les républicains-démocrates, francophiles et les fédéralistes qui souhaitent renouer les liens avec la Grande-Bretagne. Les relations entre la France et les États-Unis suivront les influences relatives de ces deux partis. C’est ainsi que les États-Unis et la France conçoivent leurs constitutions à la même époque et que la philosophie des Lumières inspire ces mouvements et transparaît clairement dans les deux textes. Mais la jeune nation signe bien vite quantités d’accords avec l’ancienne métropole coloniale et le soutien américain durant les guerres révolutionnaires puis de l’empire fut quasi inexistant. Les événements révolutionnaires en Amérique ont trouvé un écho en France, parmi la noblesse et la bourgeoisie éclairée notamment. Les officiers français ayant servi la cause des insurgés américains rentrent en France : le plus célèbre est le marquis de La Fayette. Articles détaillés : Quasi-guerre et Parti français à Washington.

Les Français reprochent au gouvernement de Washington sa neutralité dans les guerres révolutionnaires, le rapprochement avec la Grande-Bretagne et les retards de remboursement de la dette. Ils lui fournissent cependant l’asile et s’opposent à son retour en France alors confrontée à la Terreur. Des agents du ministre français des Affaires étrangères Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord exigent des pots-de-vin de la part des émissaires américains venus négocier un traité. Les relations entre les deux pays continueront cependant de se dégrader pour aboutir à la révocation de Charles Pinckney.