Les États de Kong : Côte d’Ivoire PDF

Carte des départements de la Côte d’Ivoire. Rechercher les pages comportant ce texte. La dernière modification de cette page les États de Kong : Côte d’Ivoire PDF été faite le 16 février 2017 à 10:06.


Kong a été la capitale d’un royaume que visita Binger en février 1888 et dont il estima la population à 15 000 habitants. Cette ville marchande, où se croisaient la route de la kola qui venait du sud et celle du sel qui venait du Sahara, était le point de rencontre entre les pays de la forêt et les marchés riverains du Niger, tels Djenné ou Tombouctou. La ville fut détruite par Samory en 1898 et, après la conquête coloniale, fut abandonnée par la route, puis par le chemin de fer : elle devint une petite bourgade de Côte d’Ivoire au milieu d’une région dépeuplée. Bouaké se substitua à Kong dans son rôle de ville commerçante, à la croisée de la savane et de la forêt. Louis Tauxier est un administrateur qui résida en Afrique de l’Ouest entre 1906 et 1927. Curieux de tout, il observe et prend des notes sur toutes les populations qu’il visite. Il publie de très nombreux ouvrages, mais Les États de Kong reste un manuscrit oublié au Musée de l’Homme. Cette étude, qui rend compte de ses recherches faites en 1921 et 1922, reprend l’histoire de Kong, établit la liste des souverains depuis Sékou Ouatara, analyse les différentes populations et en particulier celles qui sont en voie de disparition, absorbées par la colonisation dioula. Il décrit également l’habitat, fait l’inventaire des cultes  » animistes « , des ressources agricoles, de la chasse, de la pêche, etc. Bref, en plus de son travail historique, il établit la monographie complète d’une région. De nombreux chercheurs ont apporté de nouveaux éléments sur l’histoire de Kong et en particulier G.N. Kodjo dans sa thèse en 1986 ; mais aucun n’avait pu avoir connaissance du travail de Tauxier. Nous sommes heureux de présenter ici ce maillon manquant d’une histoire qui, depuis Binger, n’a cessé de passionner les chercheurs.

Article connexe : Histoire de la Côte d’Ivoire. La situation politique en Côte d’Ivoire précoloniale. L’économie de la Côte d’Ivoire est caractérisée à l’origine et durant de nombreux siècles par la recherche de l’autosubsistance. Elle est axée sur l’agriculture vivrière et utilise des techniques de cultures itinérantes sur brûlis. Le système des sociétés lignagères d’autre part, pratiqué notamment par les populations lagunaires, Krous et Mandés du Sud.

D’une manière générale, l’économie précoloniale se structure autour de divers espaces relativement homogènes. Ceux du Nord et du Centre du territoire sont reliés par un réseau de routes commerciales comportant de nombreux marchés et diverses cités commerciales, animées par des marchands dioula ou des membres des aristocraties dirigeantes locales. Un type particulier d’échanges, la traite négrière, fait même son apparition dans les zones du littoral. Côte d’Ivoire, dès le début des années 1960 axe sa politique de développement sur l’expansion des exportations de matières premières et la substitution aux importations reposant sur quelques industries.

Les stratégies mises en œuvre sont alors particulièrement adaptées aux contraintes extérieures et à l’environnement général. Une telle performance particulière s’explique en partie par la stabilité politique qui distingue alors le pays de la plupart des États africains. L’augmentation de l’endettement extérieur a alors été immédiate autant que la montée de l’inflation. Le siège du Fonds monétaire international. Le FMI et la Banque mondiale ont impulsé les programmes d’ajustement structurel.