Le parchemin des cieux : Essai sur le Moyen Age du langage PDF

Un article de Wikipédia, l’encyclopédie libre. De se garder de jamais le parchemin des cieux : Essai sur le Moyen Age du langage PDF’épouser. Il ne reste de ses poèmes qu’une incertaine oraison funèbre et rien de sa musique ni des chansons de sa jeunesse que reprenaient les goliards.


Le Moyen Âge fut peut-être l’âge d’or de cette diversité linguistique tant menacée de nos jours par la globalisation. Des langues héritières du passé, sacralisées par leur rôle de support des textes divins, y côtoyaient toutes sortes d’idiomes, aujourd’hui disparus ou marginalisés, tout comme à l’origine de nos modernités. Dans ce livre éblouissant, Benoît Grévin reconstitue ce paysage linguistique dans sa diversité. Car le Moyen Âge du langage est un temps d’expérimentations, où évoluent des dizaines de cultures linguistiques, orales et écrites, guerrières et marchandes, globales et locales, savantes et populaires…Leur histoire est ici abordée dans une optique anthropologique et comparative, à travers un aller-retour entre deux des grandes aires de civilisation qui conditionnent notre modernité : la chrétienté occidentale, dominée par la référence au latin impérial et papal, classique et biblique, sous l’égide duquel s’organise la multiplicité des cultures linguistiques romanes, germaniques, slaves, celtes, etc., et l’Islam classique, où la centralité de l’arabe, coranique et poétique, scientifique ou populaire, recouvre les histoires entrecroisées des cultures turques, iraniennes, berbères, etc. L’enquête adopte une grille de lecture souple, abandonnant les oppositions binaires pour privilégier trois niveaux d’analyse dialectal, courtois et « référentiel ». On se donne ainsi les moyens de retrouver, derrière leurs différences, les caractéristiques communes à ces deux Babel médiévales.

Héloïse réalise ce projet en fondant le Paraclet, premier ordre monastique doté d’une règle spécifiquement féminine. La biographie d’Héloïse, basée, comme celle d’Abélard, sans recoupements sur une hypothèse de cohérence entre de rares manuscrits parfois disparus, reste, hormis les points essentiels établis par Abélard lui-même, sujette à révision. Héloïse d’une éthique amoureuse que la réforme grégorienne abolira. Adolescente, Héloïse voit son éducation confiée par sa mère à l’un des deux frères de celle ci, Fulbert.

Sa condition d’aristocrate sans biens propres, sans héritage, la destine au mariage, un mariage sans dot, donc à un veuf ou un noble que la famille aurait des raisons de vouloir marier à tout prix. Guillaume de Champeaux l’abbaye savante Saint-Victor. Marbode de la Renaissance angevine et précurseur de l’humanisme. Héroïdes d’Ovide, qu’Héloïse trouvera l’idée de correspondance amoureuse.

En rouge, la chapelle Saint-Christophe sur un plan de Paris en 1552. 1109 par son ancien maître et désormais ennemi Guillaume de Champeaux. Son intelligence et ses connaissances en latin, grec et hébreu, spécialement celle des auteurs antiques, encore ignorés de l’enseignement officiel, étonnent. Il y célèbre le nom d’Héloïse, créant la légende avant même l’histoire. De moi toutes les places, de moi chaque maison résonnaient. L’astre dont la vue m’avait réjoui pâlit dans la brume de mon cœur.

Sed michi sydus hebet quod me conducere debet. Mais mon astre à moi pâlit, lui qui devait me guider. Abélard et son élève Héloïse peints par E. Leighton en 1882 dans un cloître Notre-Dame anachronique. 1114 Abélard initie avec elle, sous prétexte de leçons, une correspondance, moyen de séduction préféré à la seule conversation, aussi savante que galante. Clinicienne, Héloïse fait au cours de ces échanges l’analyse de son désir amoureux. Abélard selon laquelle les actes les plus coupables ne le sont pas si l’intention n’y est pas.