La tragédie dissimulée – Oran 5 juillet 1962 PDF

Les contributeurs sont tenus la tragédie dissimulée – Oran 5 juillet 1962 PDF ne pas participer à une guerre d’édition sous peine de blocage. Les forces armées françaises attendent plusieurs heures avant de s’interposer.


Chacun voit désormais dans l’autre un possible complice des terroristes adverses. Les habitants du bled, eux-mêmes visés par les enlèvements, se replient sur la ville. Néanmoins, l’inquiétude est grande, concernant la poursuite des exactions FLN. Dans le petit peuple, c’est toujours la peur qui prédomine. On ne peut écarter les images horribles qui ont marqué la fin du Congo belge, deux ans plus tôt.

Les Européens continuent de quitter la ville. Mais bateaux et avions sont insuffisants pour assurer l’exode. Le rythme des départs d’Oran n’est que de 3 000 par jour. Article détaillé : Crise de l’été 1962.

Jusque-là cantonnée au Maroc, l’ALN de l’extérieur commence à investir les postes-frontière et Tlemcen, le 3 juillet. Le scrutin d’autodétermination a eu lieu, le 1er juillet. Mohamed Harbi, ancien responsable FLN et historien précise :  Avec la France, la Tunisie et le Maroc, il faut bien manœuvrer. ALN qu’il a pu reconstituer après le cessez-le-feu. Ce même jour, 3 juillet, le capitaine Bakhti a donné l’ordre de cesser les manifestations.

Car, sur Radio-Alger, le GPRA appelle à de grands rassemblements pour le 5 juillet, jour de la proclamation de l’indépendance. Alger, les festivités seront présidées par Benyoucef Benkhedda et Krim Belkacem. Oran même, le capitaine Bakhti, lié aux ultras, affirme qu’aucune manifestation n’est prévue. Ces modérés, ayant entendu les consignes du GPRA sur Radio-Alger, auraient initié la manifestation au mépris des injonctions du capitaine Bakhti. Les théoriciens du coup monté, tel Jean-François Paya, souscrivent à cette idée. Le coup de feu mystérieux faisant dégénérer la manifestation  GPRA  aurait été, selon eux, une provocation des benbellistes. Selon lui, le FLN benbelliste d’Oran avait parfaitement en main la population musulmane.

Elle n’aurait pu spontanément décider de défiler. L’historien affirme d’autre part que l’ALN de l’extérieur n’avait nullement besoin d’un prétexte pour entrer dans Oran. Ils bénéficient, en principe, de la garantie de leur personne par les accords d’Évian. La manifestation musulmane se met en place, très tôt. Dès sept heures, la circulation automobile est perturbée.

En tête, vont les scouts musulmans, aux foulards vert et blanc. Parti de Ville-Nouvelle, le cortège emprunte le boulevard Joseph-Andrieu, puis le boulevard Maréchal-Joffre, et prend à droite le boulevard du 2e Zouaves, jusqu’à la place Karguentah. La foule aujourd’hui s’engage dans le boulevard de Sébastopol, retrouve le boulevard Maréchal-Joffre. Le service d’ordre et la circulation sont assurés par des ATO en uniforme plus clair, submergés. Mais d’autres coups de feu répondent au premier. Un mouvement de panique s’empare de la foule des manifestants musulmans.