L’amour d’être mortel PDF

Si ce bandeau n’est plus pertinent, retirez-le. Le sacré est une notion d’anthropologie culturelle permettant à une société humaine de créer une séparation ou une opposition axiologique entre les l’amour d’être mortel PDF éléments qui composent, définissent ou représentent son monde : objets, actes, espaces, parties du corps, valeurs, etc. Il est d’usage de considérer que l’acte de sacraliser est spécifique des tribus primitives, des peuples isolés et des civilisations anciennes. Il désigne ce qui est inaccessible, indisponible, mis hors du monde normal, et peut être objet de dévotion et de peur.


Intense texte philosophique de Georges Bataille sur l’amour et la communauté des amants, écrit en 1951 pour la remarquable revue internationale de littérature Botteghe Oscure, animée à Rome, de 1948 à 1959, par Marguerite Caetani. ‘L’être aimé dans ce monde dissous est devenu la seule puissance qui ait gardé la vertu de rendre à la chaleur de la vie. Si ce monde n’était pas sans cesse parcouru par les mouvements convulsifs des êtres qui se cherchent l’un l’autre, s’il n’était pas transfiguré par le visage ‘dont l’absence est douloureuse’, il aurait l’apparence d’une dérision offerte à ceux qu’il fait naître : l’existence humaine y serait présente à l’état de souvenir ou de film des pays ‘sauvages’. Il est nécessaire d’excepter la faction avec un sentiment irrité. Ce qu’un être possède au fond de lui-même de perdu, de tragique, la ‘merveille aveuglante’ ne peut plus être rencontrée que sur un lit. Il est vrai que la poussière satisfaite et les soucis dissociés du monde présent envahissent aussi les chambres : les chambres verrouillées n’en demeurent pas moins, dans le vide mental presque illimité, autant d’îlots où les figures de la vie se recomposent.’ Georges Bataille ‘L’Apprenti sorcier’

Le sacré est synonyme d’espoir, d’authentification de l’homme en un principe supérieur, celui du monde non intelligible. Selon Camille Tarot, le concept du sacré est conçu par les anthropologues contemporains comme la réponse à un ensemble d’expériences propres non seulement aux sociétés archaïques et traditionnelles mais aussi à toutes les autres cultures qui leur ont succédé. Sur le plan phénoménologique, nous pouvons entrevoir ce qui, dans les cultures humaines, est visé dans les expériences du sacré : avant tout, le numineux. Le numineux est un concept avancé par Rudolf Otto et ensuite largement utilisé.

1917, Otto traduit le concept de sacré en référence au latin, où le terme numen se rapporte à la divinité, soit en un sens personnalisé, soit en référence à la sphère du divin en général. Pour Otto, le numineux regarde toute expérience non rationnelle du mystère, se passant des sens ou des sentiments, et dont l’objet premier et immédiat se trouve en dehors du soi. Le numineux est aussi, selon Carl Gustav Jung :  ce qui saisit l’individu, ce qui, venant d’ailleurs, lui donne le sentiment d’être , traduisant, par conséquent, une expérience affective d’être. Le sacré entre ainsi selon Camille Tarot dans  la composition d’une essence, celle de son identité .

Sur le plan historique,  tantôt il semble s’identifier ou se confondre avec le divin : c’est le cas des religions archaïques, tantôt c’est le sacré qui s’estompe au profit du divin ou de la transcendance : c’est le cas des formes religieuses qui relativisent mythes et rites ou préconisent l’accès au divin . Enfin, toujours pour Camille Tarot, le sacré serait à l’origine du fait religieux, lequel serait à reconnaître  dans la conjonction du symbolique et du sacré . Dans le catholicisme, l’expression le sacré désigne spécialement l’Eucharistie. Les éléments du sacré sont généralement considérés comme intouchables : leur manipulation, même en pensée, doit obéir à certains rituels bien définis. Ne pas respecter ces règles, voire agir à leur encontre, est généralement considéré comme un péché ou crime réel ou symbolique : c’est ce qu’on nomme un sacrilège. Le sacré, être collectif et impersonnel, représente ainsi la société elle-même. Les choses sacrées sont celles que les interdits protègent et isolent, et les choses profanes étant celles auxquelles ces interdits s’appliquent et qui doivent rester à l’écart des premières.