Identité et mémoire des chrétiens: Propositions au-delà d’un repli identitaire PDF

Sauter à la navigation Sauter à la recherche Le catholicisme social est un courant de pensée qui a été à l’origine de identité et mémoire des chrétiens: Propositions au-delà d’un repli identitaire PDF nombreuses créations. Seconde Guerre mondiale ne posent la question de sa place et de son avenir dans une société de plus en plus sécularisée et dans un monde où de nouvelles problématiques sont apparues. Adhésion ou opposition à la Révolution nationale ?


De tout temps, le christianisme a été traversé par des pertes «d’identité»: d’une Église juive à une Église universelle, d’une Église romaine à une Église féodale, d’une Église européenne centralisée à la pluralité des Églises du Sud. À ces bouleversements historiques et politiques incessants se superposent des modifications sociales et culturelles, des crises, des réformes – des contre-réformes – et des mutations. Comment, dans ces conditions, parler de l’identité du christianisme ? Les mutations actuelles invitent à un retour réflexif du côté de la mémoire. En effet, si cette identité n’explose pas au point de se dissoudre, c’est qu’une certaine trace de la mémoire la traverse. Cette mémoire passe par l’interprétation du texte biblique, de la tradition et de l’expérience de foi. L’identité se redéfinira ainsi continuellement dans un double mouvement de fidélité et de créativité honorant le mouvement de l’histoire. Le présent ouvrage offre des perspectives de recherche pour lesquelles la mémoire convoque l’identité des chrétiens à une ­ouverture à l’avenir.

Le spectacle de la misère ouvrière a amené un certain nombre de personnalités catholiques à réfléchir sur un projet global de société qui donne réponse à la question sociale. Ces chrétiens vont élaborer des théories mais aussi proposer des mesures concrètes et des actions à entreprendre. Dès les années 1820, sous la Restauration puis sous la Monarchie de Juillet, les structures économiques et sociales de la France ne sont pas encore profondément modifiées par l’industrialisation. Le contexte, pour l’Église de France, est encore celui du traumatisme de la Révolution : elle est tournée essentiellement vers une reconstruction interne.

Mais ses cadres sont vieillis et divisés, ses fidèles, peu nombreux et peu croyants. La minorité de catholiques qui s’intéresse alors à la question ouvrière, est dispersée et provient de multiples horizons qu’on peut classer en deux courants de pensée politiques différents. Société d’Économie charitable  se détache comme chef de file du mouvement catholique social des milieux légitimistes. Tous ces catholiques dits libéraux,  qu’ils voient dans les libertés de 89 un fait irréversible ou qu’ils les jugent porteuses de valeur, ont en commun le refus de l’autorité sans partage, l’attachement aux règles du droit, la méfiance envers un État dont les institutions représentatives et les corps intermédiaires ne limitent pas le pouvoir.

Ils se rapprochent du peuple, ont conscience de ses besoins. Entre ce catholicisme libéral et ce qui sera véritablement le catholicisme social, Ozanam fait le lien et en ce sens joue un rôle essentiel. C’est surtout dans ses articles pour l’Ère nouvelle, le journal fondé par Henry Maret, de Coux et Lacordaire entre 1848 et 1850, qu’il précise certaines de ses idées, dénonce avec force  ceux qui ont trop  alors que le plus grand nombre n’a rien. L’Ère nouvelle, affaiblie par des difficultés financières et les attaques de certains évêques, ne tarde pas à disparaître.

Ses rédacteurs les plus clairvoyants comme Maret et Ozanam s’en écartent tout en n’abandonnant pas leurs idées. Quant au journal L’Univers, longtemps organe du catholicisme libéral, il devient, sous la direction de Louis Veuillot, l’organe des catholiques intransigeants. La période de 1848 à 1870 marque le pas en France sur le sujet social, c’est un temps de réaction politique et sociale de la part d’une grande majorité des catholiques. Prado en 1860 au cœur du quartier ouvrier de La Guillotière pour accueillir et éduquer de jeunes enfants de familles déshéritées, restent encore isolées mais en font eux aussi des pionniers du catholicisme social. Avant 1870, ce  premier  catholicisme social français provenant de cellules fort diverses et dispersées, représenté par quelques personnalités philanthropiques et figures charismatiques, ne parvient pas à intéresser à ses efforts la masse des catholiques. Ceux-ci sont rendus aveugles par leur incompréhension totale du problème social et, à partir de 1848, par la crainte du danger socialiste. L’expérience lancée par ces précurseurs, avec ses points positifs et malgré ses hésitations et ses impasses, a frayé la route et apparaît comme une préfiguration du mouvement plus ample qui atteint d’autre pays européens et qui va se développer en France à partir de 1871, avec un ancrage politique majoritairement conservateur.

Contrairement à ce qui se passe en France entre 1848 et 1870, des voix au sein des communautés chrétiennes s’élèvent dans d’autres pays européens comme en Allemagne, avec les Congrès catholiques, ou en Belgique avec les Assemblées catholiques de Malines, etc. Maison où prit naissance le premier Cercle catholique ouvrier à Paris en 1865, dans le 14e arrondissement. Il s’agit en fait de contribuer à une rechristianisation en même temps qu’à la défense des intérêts matériels et moraux du monde ouvrier. Le but est moins d’attirer les masses ouvrières que d’en former une élite.