Gènes et comportements à l’ère post-génomique PDF

Cette idéologie peut amener à privilégier une catégorie donnée de personnes par rapport à d’autres. Le Petit Larousse définit le racisme, gènes et comportements à l’ère post-génomique PDF sens large du terme, comme  une attitude d’hostilité répétée voire systématique à l’égard d’une catégorie déterminée de personnes . Les idéologies racistes ont servi de fondement à des doctrines politiques conduisant à pratiquer des discriminations raciales, des ségrégations ethniques et à commettre des injustices et des violences pouvant aller, dans les cas extrêmes, jusqu’au génocide.


Cette année 2011 marque le dixième anniversaire de l’achèvement du Projet Génome Humain. Le décodage des gènes de l’humain fut l’apothéose de la période glorieuse que la génétique a connue depuis les années 1980. Cette période est appelée « l’ère génomique ». La référence au gène semble la clé de toutes les réponses, même en ce qui concerne les comportements humains. Ce livre propose une analyse historique critique des différentes approches épistémologiques qui ont inspiré la génétique des comportements depuis la fin du XIXe siècle. La question du déterminisme et du probabilisme, celles du gène de l’homosexualité, du gène du crime, ou encore de l’intelligence et de l’alcoolisme sont autant de modèles qui illustrent nos analyses. Mais celles-ci montrent aussi que depuis dix ans une nouvelle ère se développe en génétique : l’ère postgénomique. Cherchant à dépasser le géno-centrisme, elle s’intéresse à la façon dont les gènes, les neurones et les facteurs environnementaux forment des réseaux de causalité dynamiques et complexes. La post-génomique fait écho à une perspective philosophique systémique, pluraliste et pragmatique des phénomènes et des concepts ; un cadre plus développemental au sein duquel les données scientifiques récentes sont présentées et analysées.

Au cours de l’histoire, les définitions sociales de la  race  se sont souvent appuyées sur de présupposés caractères de nature biologique. Cette section est vide, insuffisamment détaillée ou incomplète. Essai sur l’inégalité des races humaines est un ouvrage du Français Joseph Arthur de Gobineau paru en 1853 et visant à établir l’existence de races et de différences les séparant. Le mécanisme perceptif du racisme peut être décomposé en plusieurs opérations logiques.

Le racisme se fonde sur la focalisation du regard du raciste sur une différence, souvent anatomique. Le racisme associe des caractères physiques à des caractères moraux et culturels. Le raciste considère les propriétés attachées à un groupe comme permanentes et transmissibles, le plus souvent biologiquement. Le regard raciste est une activité de catégorisation et de clôture du groupe sur lui-même.

Races en Égypte antique d’après une peinture murale près de la tombe de Sethi : berbère, nubien, asiatique, égyptien. Le racisme s’accompagne souvent d’une péjoration des caractéristiques du groupe visé. Le discours raciste n’est toutefois pas nécessairement péjoratif. La phrase  Les Noirs courent vite  constitue ainsi un énoncé raciste malgré son apparence méliorative. Mais plus encore, au-delà du contenu — positif ou négatif — des stéréotypes racistes, l’activité de catégorisation, de totalisation et de limitation de l’individu à des propriétés préconçues n’est en soi pas une activité neutre du point de vue des valeurs.

Dans cette perspective, voir et penser le monde social dans les catégories de la race relève déjà d’une attitude raciste. En effet, toutes les sociétés antiques et primitives sont, de notre point de vue contemporain, des sociétés racistes et xénophobes. Les Anciens Grecs distinguent les peuples de l’Hellade, des autres peuples qu’ils appellent barbares. Parmi les peuples considérés comme étrangers, tous ne sont pourtant pas ennemis : les relations militaires, commerciales et diplomatiques instituaient des peuples amis, clients, alliés ou invités qui pouvaient alors être reconsidérés fictivement comme des peuples apparentés. Ainsi, les œuvres littéraires de Jules Verne abondent de formules stéréotypées comme  les Allemands, race industrieuse et organisée ,  les Français, race romantique et galante  ou  les Américains, race entreprenante et dynamique , jusque dans les conversations entre bons amis d’origines différentes, sans la moindre intention négative dans l’usage du mot.