Femmes médiatrices et ambivalentes: Mythes et imaginaires PDF

Plaque en terre cuite représentant la déesse Ishtar. Tout au long de plus de trois millénaires d’histoire sumérienne puis mésopotamienne, elle a été l’une des divinités les plus importantes de cette région, et a également été adoptée dans plusieurs pays voisins, où elle a pu être assimilée à des déesses locales. Elle a également repris par syncrétisme les aspects de différentes déesses mésopotamiennes, et a été vénérée dans femmes médiatrices et ambivalentes: Mythes et imaginaires PDF grands centres religieux, prenant parfois des traits variés selon la localité où son culte se trouvait.


Lilith, Ishtar, Athéna, Déméter, Mélusine, Marie, Vis, Aglauros, Shirin, et bien d’autres, toutes sont femmes, tout comme sont aussi femmes ces créatures effrayantes, Lilith, Umm Sibyan , et autres démones, ogresses, sirènes ou amazones contre lesquelles les hommes et les femmes se protègent en consultant d’autres femmes, devineresses, prophétesses et autres vetules. Car toutes ces femmes, d’ici et d’ailleurs, issues du passé ou du présent, réelles ou imaginaires, offrent par-delà leurs différences apparentes un même visage, celui de l’ambiguïté et des questionnements relatifs à l’ontologie même de la féminité dans les imaginaires masculins. Les portraits de femmes présentés dans cet ouvrage tentent de cerner, en abordant différents types d’êtres féminins, le mystère de la féminité dans ce qu’il possède de plus complexe : le rapport au sacré stigmatisé par l’ambivalence et illustré par la médiation. 
Réelles ou mythiques, ces femmes présentent toutes, à l’instar de la déesse, de la fée ou de la sirène, des facettes de la femme fatale dont la seule évocation résume tout un imaginaire masculin relatif à la femme, mère et amante, pourvoyeuse de plaisir et de richesses, mais aussi potentiellement dangereuse. Et, en particulier, sont redoutées celles d’entre elles qui ont échoué dans leur fonction d’épouse et de mère, entités nuisibles aux autres femmes et à leur progéniture, voire aux hommes eux-mêmes. Si le mystère de la vie lie indéfectiblement les femmes avec l’au-delà, elles en tirent aussi des capacités occultes qui en font aussi des médiatrices pourvoyeuses de biens matériels. Mais leur médiation se limite parfois à une tâche autrement plus noble : aider l’homme à accomplir son destin.

Anna Caiozzo est maître de conférences HDR en histoire du Moyen Âge à l’université de Paris 7 Denis Diderot. 
Nathalie Ernoult est chercheuse UMR-ANHIMA et attachée de conservation au Centre Pompidou.

Avec les contributions de Sylvie Barnay, Jean-Louis Benoit, Jean-Patrice Boudet, Corin Braga, Louise Bruit, Anna Caiozzo, Sébastien Dalmon, Béatrice Delaurenti, Gaëlle Deschodt, Anne Ducloux, Nicole Edelman, Nathalie Ernoult, Philippe Faure, Jean-Pierre Giraud, Jean-Jacques Glassner, Ana Iriarte, Bogumil Jewsiewicki, Claire Kappler, Didier Lett, Brigitte Lion, Hyacinth S. Madondo, Thomas Mouzard, Alexandre Popovic, Anne Regourd, Aya Sakkal, Violaine Sebillotte, Chiwaki Shinoda, Blanca Solares, Mihaela Timus, Philippe Walter, Myriam White-Le Goff

Mais on trouve aussi Inin ou Ininna. Haute-Mésopotamie, notamment Ashtar, Eshtar puis Issar à l’époque néo-assyrienne. En tant que déesse majeure du panthéon mésopotamien, elle joue également souvent le rôle de divinité souveraine, octroyant la royauté. Ishtar, qui ont donc pu varier selon les lieux et les époques. Anu, autre divinité tutélaire de la ville. Ishtar a pour animal-attribut le lion.

Ishtar, particulièrement riche et complexe, détermine manifestement sa personnalité qui l’est tout autant. C’est probablement une figure née de la réunion de plusieurs déesses par syncrétisme, sans que pour autant la personnalité de toutes ses composantes ne constituent forcément un tout cohérent. Ishtar est impossible à déterminer avec certitude car elle se produit à des époques pour lesquelles la documentation écrite est absente, et la documentation archéologique trop limitée pour bien connaître l’univers religieux. En sumérien, Inanna était interprété comme dérivant de nin.

Dame du Ciel  ou  Reine du Ciel . Mais rien ne démontre qu’il s’agisse bien de l’origine du nom. Inanna est en particulier la déesse tutélaire de la ville d’Uruk, qui est la plus importante du pays de Sumer à ces époques, et dont le rayonnement s’est étendu sur les régions voisines. C’est dans ce contexte qu’elle apparaît pour la première fois, dans les textes les plus anciens connus, datés de la fin du IVe millénaire av. Il s’agit là encore d’une déesse vue comme une manifestation de la planète Vénus.

Ishtar, dont chacune semblerait présenter des aspects propres qui l’individualisent par rapport aux autres, même si cela transparaît rarement de façon claire dans la théologie. Vénus serait son aspect le plus important, qui expliquerait l’agrégation des caractères de différentes déesses dont le seul point commun serait le lien avec cet astre. De plus, l’aspect bipolaire de la divinité découlerait du mouvement de cet astre, qui apparaît deux fois dans le ciel, le matin et le soir. Ishtar à Assur, milieu du IIIe millénaire av. Ishtar est, dès les périodes archaïques, les premières à pouvoir offrir un panorama d’ensemble du monde religieux mésopotamien, la principale déesse de la Mésopotamie. Cela pourrait résulter du rayonnement d’Uruk à la fin du IVe millénaire av. Inanna apparaît en tout cas dès le milieu du IIIe millénaire av.