Faut-il encore investir en Chine ?: Opportunités, risques et logiques économiques PDF

La faut-il encore investir en Chine ?: Opportunités, risques et logiques économiques PDF de cette mission figure au verso de la présente page. QUELLE EFFICACITÉ DE L’AIDE JUSQU’À AUJOURD’HUI ?


La Chine attire aujourd’hui les investisseurs du monde entier. Est-elle pour autant un eldorado pour les investisseurs étrangers ? Comment ces-derniers doivent-ils composer avec les requêtes de l’Etat central et l’émergence de concurrents locaux de plus en plus agressifs ? Les auteurs se sont intéressés aux investissements réalisés par les firmes françaises en Chine et ont privilégié une analyse de terrain avec des entretiens nombreux et variés.

LA DÉMOGRAPHIE, PIERRE ANGULAIRE DU DÉVELOPPEMENT : QUELLES NOUVELLES APPROCHES ? ANNEXE 4 : LA RÉFORME RELATIVE À L’ÉLIGIBILITÉ DES PRÊTS EN APD ADOPTÉE EN DÉCEMBRE 2014 AU CAD DE L’OCDE, ET SES CONSÉQUENCES. L’aide publique au développement française se trouve aujourd’hui à un moment décisif de son histoire. Cet effort interviendrait alors que le paysage de l’aide publique au développement dans le monde a profondément évolué, et à un moment où les besoins du monde en développement ont également considérablement changé.

Alors que l’aide au développement a longtemps été conçue comme un simple transfert de richesse du Nord vers le Sud, il est devenu évident que rien n’est simple en matière de développement. Dans ce contexte, l’aide publique au développement a plus que jamais un rôle à jouer, mais un rôle qui évolue continuellement, dans un paysage institutionnel de plus en plus éclaté et face à des situations de plus en plus variées et complexes. La première partie de ce rapport pose très simplement la question de la finalité de l’aide publique au développement et de son bilan au cours des dernières années. Alors que le monde évolue et que le développement progresse d’une manière globale, l’aide publique au développement doit s’adapter aux multiples évolutions qui ont lieu, parfois très rapidement. Mais il importe de ne pas lâcher la proie pour l’ombre et de ne pas perdre de vue les objectifs premiers de l’aide, qui visent à sortir de la pauvreté les pays qui en ont le plus besoin. Multiplier les objectifs, les sous-objectifs et les indicateurs peut conduire à une dispersion qu’il faut éviter. La deuxième partie du rapport concerne la trajectoire programmée de l’aide française et vise à rappeler que l’augmentation prévue ne saurait être simplement quantitative, mais doit s’accompagner à la fois des rééquilibrages nécessaires demandés depuis longtemps par le parlement, et de mesures d’accompagnement qui paraissent indispensables à la lumière des expériences étrangères, notamment allemande et britannique.

La troisième partie du rapport traite du pilotage de l’aide française, qui a fait l’objet depuis maintenant vingt ans d’une série de réformes n’ayant jamais abouti à un résultat pleinement satisfaisant, notamment parce qu’elles n’ont jamais remis en cause l’éclatement administratif de l’aide, pendant de son éclatement budgétaire. Les quatrième et cinquième parties du rapport concerne deux thématiques qui ont paru à la mission fondamentales, la démographie et la sécurité. La démographie, qui fait l’objet de la quatrième partie, conditionne largement les chances de développement d’un pays. L’exemple du Niger, où la mission s’est rendue au mois de mai 2018, permet d’illustrer la complexité et l’importance de cette thématique. La sécurité, qui fait l’objet de la cinquième et dernière partie, est quant à elle à la fois une condition indispensable au développement et une des conséquences que l’on peut en attendre. L’aide publique au développement a émergé progressivement entre la fin de la Seconde guerre mondiale et la fin de la décolonisation. Les modalités de l’aide ont depuis lors considérablement évolué, mais ce sont surtout ses finalités qui ont connu d’importants bouleversements.

Le paysage du développement a en effet connu une évolution spectaculaire depuis la fin de la décolonisation, en particulier au cours des vingt dernières années. Ces huit objectifs, qu’il s’agissait d’atteindre en 2015, ont constitué le cadre commun de développement mondial pendant quinze années, jusqu’à l’élaboration des Objectifs du Développement durable définis en 2016. En 2015, le rapport des Nations unies sur les objectifs du Millénaire pour le Développement a dressé le bilan de ces huit objectifs. Le taux de scolarisation des filles par rapport aux garçons en Asie du Sud est passé de 74 filles à 103 filles pour 100 garçons. Le nombre de décès d’enfants de moins de cinq ans dans le monde est passé de 12,7 à 6 millions. Le taux de mortalité maternelle, c’est-à-dire le nombre de décès de la mère pour 100 000 naissances vivantes, est passé de 380 en 1990 à 213 en 2013. L’administration de traitements antirétroviraux concernait 0,8 millions de personnes en 2003, puis 13,6 millions de personnes en 2014.

Le nombre de personnes disposant d’eau potable courante est passé de 2,3 milliards en 1990 à 4,2 milliards en 2015. Le montant global de l’aide est en diminution, et va de moins en moins aux pays les plus pauvres. 8, qui ressortit aux conditions de développement plus qu’au développement lui-même, présente un bilan contrasté. Le développement a donc été extrêmement rapide pendant cette période mais l’aide publique au développement n’a probablement pas joué le rôle principal dans cette évolution. Parmi les différentes cibles, selon Mme Claire Baudot, responsable plaidoyer pour la France de l’ONG Action Santé mondiale, les objectifs de santé sont pratiquement les seuls qui aient été atteints grâce à l’aide publique au développement, soit tout de même trois indicateurs sur huit. L’aide en matière de santé peut cependant être dispensée, dans une certaine mesure, indépendamment de la situation économique du pays bénéficiaire.

Réduire la pauvreté est en revanche un objectif qui implique nécessairement un développement général de l’économie. Les objectifs en matière d’éducation impliquent pour leur part la prise en charge permanente d’une partie de la population de plus en plus importante dans les pays à forte croissance démographique. Ces objectifs sont difficiles à atteindre sans un développement général de l’économie du pays concerné. De fait, la croissance mondiale, positive presque chaque année depuis 1990, a été principalement  tirée  par les économies émergentes. Indépendamment des facteurs endogènes, il convient de noter que l’aide publique au développement ne représente qu’une partie des transferts financiers du monde  développé  vers le monde  en développement . Concernant la France, le Rapport annuel 2011 de la balance des paiements publié par la Banque de France évoquait ainsi des transferts vers l’Afrique à hauteur de 3,7 milliards d’euros, dont 3,1 milliards d’euros vers le Maghreb.

Les flux financiers ainsi engendrés constituent une source de financement significative pour réduire la pauvreté, mais aussi pour financer le développement économique. Du fait du soutien apporté par les migrants à leurs familles, ils présentent aussi l’avantage d’être globalement stables et pérennes, ou tout au moins indépendants des éventuelles crises ou catastrophes pouvant survenir dans les pays destinataires. Le groupe des  pays émergents  forme par ailleurs un ensemble disparate. La disparité est encore plus importante si l’on s’intéresse non plus aux États mais aux régions qui les forment. Le même constat peut être fait dans des économies dont le niveau de développement demeure très inférieur à celui de la Chine.

Le développement, malgré tous les bienfaits qu’il implique, s’accompagne généralement d’une croissance urbaine importante et d’une augmentation des écarts de richesse au sein de chaque sous-ensemble géographique, quelle qu’en soit l’échelle. Ces inégalités sont difficiles à éviter. Les écarts de revenu, d’espérance de vie ou de niveau d’éducation tendent à s’accroître mécaniquement pendant les périodes de croissance économique, du simple fait de la stagnation de certains secteurs. En effet, le développement, quels que soient les facteurs qui y président, n’est pas un processus homogène permettant une élévation générale et régulière du niveau de vie de chacun, mais un processus extrêmement complexe et dynamique qui s’accompagne de bouleversements sociaux dont les conséquences politiques peuvent être importantes. Le caractère disparate du développement relève du constat mais soulève cependant la question de la finalité de l’aide publique au développement. D’un côté, les économies émergentes ou enregistrant une forte croissance peuvent avoir besoin d’une aide pour faire face aux problèmes résultant de cette dernière, à plus forte raison quand elle est rapide : exode rural et développement urbain rapide, inégalités croissantes menaçant de déstabiliser les sociétés, problèmes environnementaux en sont les principaux exemples. De l’autre côté, les économies qui ont le moins bénéficié de la croissance mondiale ont besoin que l’aide au développement conserve ses objectifs classiques de lutte contre la pauvreté, mais dans des conditions qui ne sont souvent plus les mêmes que dans la seconde moitié du XXe siècle.

Prenant acte de la diversification des situations et de la complexité croissante des problèmes à traiter, les acteurs de l’aide publique au développement ont adopté en 2015 un nouveau texte qui succédait aux Objectifs du Millénaire pour le développement. ODD ajoutent donc celui de  corriger  en quelque sorte les défauts du modèle classique de croissance, en la rendant mieux partagée et plus soutenable. Les ODD incorporent ainsi de nouvelles thématiques, qui n’étaient pas présentes dans les OMD. On y trouve ainsi des objectifs plus précis concernant la pauvreté, la santé ou l’éducation. Sont prises en compte les migrations et les mobilités en tant que ressource pour le développement.

Les ODD sont également plus ambitieux que ne l’étaient les OMD. Là où ces derniers visaient une diminution des problèmes, les ODD ont souvent l’ambition de les faire disparaître. Là où l’OMD 1 visait à réduire la pauvreté et la faim, l’ODD 1 vise à les éliminer. La structure même des ODD reflète la volonté de traiter l’ensemble des problèmes de façon intégrée, et non plus comme des objectifs indépendants les uns des autres. Les objectifs proprement dits sont au nombre de dix-sept, mais ils se décomposent en 169 cibles et près de 230 indicateurs, et les cibles associées à un objectif renvoient souvent elles-mêmes implicitement à d’autres objectifs. Enfin, les ODD se veulent universels. 2030, chez eux comme dans les pays tiers.