Droit et religion: Archives de philosophie du droit PDF

En pratique : Quelles sources sont attendues ? Selon le concept de religion qui est ainsi posé et selon la question fondamentale que l’on se pose sur la religion, la philosophie de la religion peut correspondre à différentes démarches. La philosophie de la religion est confrontée à une difficulté particulière qui est l’absence d’droit et religion: Archives de philosophie du droit PDF concept de religion convenant à tout ce qu’il est d’usage de considérer comme de l’ordre de la religion.


Droit et religion. Pas de theme plus actuel. Pas de relation plus significative en temps de crise d’une civilisation liee au prestige du droit. Pas de plus evidente philosophie du droit, car elle s’exprime en genealogie de la regle, en question posee a son origine et a sa finalite ultime. D’ou un faisceau d’etudes d’une exceptionnelle qualite.
D’abord, avant tout, sur la religion envisagee comme fondement du droit. Puis, a l’aide de l’histoire des deux grands courants de l’Occident : judeo-chretien, greco-romain. Droit et religion dans la societe hebra?que, dans la Rome antique, dans les rapports entre Hellenisme et Christianisme. L’approche comparatiste, sans pouvoir s’etendre a toutes les religions, malgre la tentation de l’Orient, a aussi fait porter l’analyse philosophique du cote de l’Europe orientale et de l’Orthodoxie, du cote des sciences coraniques et de la loi musulmane.
Theologie, religion, philosophie sont aussi envisagees avec leurs prolongements, admis ou contestes, dans l’univers du droit, ce qui ramene a une comprehension de l’oeuvre de grands penseurs : Luther, Hegel . Schelling, Carl Schmitt, Edith Stein… L’investigation comporte une indispensable reflexion sur les droits de l’homme, une denonciation de quelques malentendus, une analyse axees sur la distinction bergsonienne du « clos » et de « l’ouvert « , une meditation sur la nature en tant qu’elle serait une exigence religieuse et juridique.
Ensuite, l’articulation du religieux et du juridique s’imposait. Par la religion vers le droit ? Par le droit vers la religion ? Autant de questions entrecroisees, car, tout a la fois, ils se distinguent, s’influencent, se repondent. D’indispensables reponses du droit, international ou interne, completent l’ensemble : sur la garantie europeenne de la liberte de religion, sur les sectes, sur la la?cite.

La philosophie de la religion se présente de manière sensiblement différente selon les religions, les époques et les lieux. Historiquement, la philosophie de la religion peut aussi désigner un moment de l’histoire de la pensée centré sur les auteurs allemands que sont Kant, Schleiermacher et Hegel. Kant et Hegel ont donné l’un et l’autre des cours de philosophie de la religion. C’est à leur époque que la philosophie de la religion est devenue une discipline universitaire. Les approches essentialistes ont un concept de religion défini et accordent le plus souvent une grande importance à la question de l’existence d’une ou plusieurs divinités. Cette question détermine le fait que l’on considère la religion comme une invention humaine ou comme l’activité d’une ou de plusieurs divinités dans le monde.

Les approches dites fonctionnalistes portent sur les faits ou les fonctions de la religion dans les sociétés : à quoi sert-elle, quelles en sont les manifestations ? Les approches fonctionnalistes sont fréquentes en Europe continentale. Ces approches retiennent que le religieux n’existe pas en dehors de formes données et contingentes sur un plan historique. Elles accordent la priorité aux phénomènes dits religieux par rapport à la réflexion sur les enseignements des religions et ce qu’elles proposent de croire. La religion est alors envisagée selon la grande diversité des phénomènes religieux.

Bien qu’il soit possible de distinguer assez nettement des approches essentialistes incluant une réflexion sur les propositions des religions et leur justification, d’approches fonctionnalistes se concentrant sur les faits religieux, une approche fonctionnaliste reconduit nécessairement à un questionnement sur l’essence ou la nature de la religion, notamment à cause de la place centrale qu’occupe l’idée de croyance dans la réflexion moderne sur la religion. La philosophie est aussi interrogation sur elle-même de sorte que celui qui veut philosopher sur la religion, ne peut se contenter de prendre la religion pour objet, mais il est aussi conduit à s’interroger sur ce qui lui permet de savoir qu’il y a des religions, ou que tel phénomène peut être dit religieux. Jean Grondin remarque que la philosophie de la religion est en partie déterminée par le cadre fortement nominaliste de la pensée contemporaine. Le nominalisme est une tournure d’esprit selon laquelle le nom est la chose.

Dans le nominalisme, le nom est intuitivement lié à l’existence, de sorte que si l’on ne peut pas définir la chose et lui constater une existence conforme à sa définition, on dit que la chose n’existe pas ou qu’elle n’est pas ça. Qu’est-ce que dieu, les dieux, le divin, les divinités, le monothéisme, le polythéisme, le déisme, l’animisme, l’athéisme, l’agnosticisme ? Avons-nous de bonnes raisons de penser que les divinités existent ou n’existent pas ? Quelles connaissances peut on avoir de ces objets ? Qu’est ce que le fanatisme religieux et comment y remédier ? Les religions ont diverses interprétations de la part des philosophes et des théoriciens « fondateurs » des diverses sciences de l’homme.

Pour les croyants, Dieu est l’Entité Suprême qui a donné son origine à l’Univers et il serait l’Être qui commande les forces maîtrisant l’équilibre et la conservation de cet univers. Dieu comme espérance car il permettrait à l’ensemble des fidèles de mieux accepter la vie en la considérant comme un cadeau ou un don. Pour que la société puisse prendre conscience de cette force mana, il faut qu’elle soit projetée sur un objet extérieur, matériel. Comme il dit, « La force religieuse n’est que le sentiment que la collectivité inspire à ses membres, mais projeté hors des consciences qui l’éprouvent, et objectivé.

Ainsi, la société devient conscience de soi, de sa propre unité, et une religion est née. Durkheim voit donc, dans la religion un lien social qui permet d’unir les hommes. Sans ce lien social, la religion n’existerait pas. Il est important de comprendre que le symbole religieux ne fait qu’hypostasier la force de la société, et le pouvoir de la société coule à travers l’objet sacré.

Cette force est réelle, souligne Durkheim, et donc, même si le dogme ou la doctrine de la religion sont faux, l’expérience religieuse est fondée sur une force physique, une sorte d’électricité que nous ne pouvons pas écarter comme une simple illusion. Durkheim, chacun peut cependant objecter le problème de la foi personnelle. Or, Durkheim explique que la foi religieuse est incorporée et interprétée par chaque individu. Feuerbach voit surtout dans la religion un certain stade du développement de « l’humanité générique » et non seulement une expression d’une société particulière, développement anthropologique à l’apogée duquel se réaliserait pleinement l’universalité et la puissance de la philosophie et de la connaissance rationnelle et objective, contrairement à la croyance. Cette idée se retrouve également dans la conception plus psychologique de Freud, qui dit que les religions ne sont qu’une projection et une transposition collective de la figure du père présente et formatrice du psychisme de tout enfant. La philosophie classique, depuis les présocratiques jusqu’aux disciples de Leibniz, s’est souvent définie comme la science du religieux, ou la science de l’absolu, donc comme théologie.

On l’appelait aussi métaphysique, ou philosophie première. Au XXIe siècle, il est difficile de comprendre cette prééminence de la métaphysique aux yeux de nombreux grands philosophes classiques, Platon, Aristote, les stoïciens, Descartes, Spinoza, Leibniz, Berkeley, Hegel. Un grand nombre d’entre nous réagissent de la façon suivante : Comment pouvait-on croire que l’on puisse faire la science d’un être qui n’existe peut-être pas ? On connaît bien ce qu’on observe, on ne connaît pas Dieu simplement parce qu’on ne l’observe pas. Ce principe n’était pas jugé convaincant par les défenseurs de la métaphysique. Leur point de vue était même exactement inverse.