Alejandra, parfois PDF

Madrid, alejandra, parfois PDF une actrice et chanteuse espagnole. Sara Montiel est une star espagnole de cinéma.


Simplement se souvenir de l’existence des rivières, des montagnes, de son nom et de son corps qui s’absentent un peu plus chaque jour ; malgré la pluie, elle avance direction Mémoire, franchit la distance qui la sépare des mots abandon, simplicité, au fond d’une barque aussi trouée que l’idée qu’elle se fait de la mort, le rouge de ses joues, sa bouche, cette façon d’entrouvrir l’horizon, de crier dans sa tête : « regardez-moi, enfin j’existe ».

Fuyant la misère de la campagne, ses parents s’installent à Orihuela, dans la province d’Alicante, où ils ouvrent un commerce de vins. C’est dans cette ville qu’à l’âge de treize ans elle participe à un concours de chant, dont le gagnant doit être récompensé par des cours de comédie et de chant. Elle débute au cinéma en 1944 sous le pseudonyme de María Alejandra, mais décide très vite de changer de nom. Elle choisit Sara, le prénom de sa grand-mère, et Montiel, du nom de sa province. Mais, sentant qu’elle piétine en Espagne, elle part pour le Mexique.

Elle tourne avec les plus grandes vedettes du moment, comme Pedro Infante, des comédies populaires qui la hissent au tout premier rang des stars mexicaines. Juan de Orduña en 1957, que Sara Montiel trouve enfin son véritable emploi. Dans ce film, une production à petit budget qu’elle accepte par amitié pour le réalisateur, Sara Montiel est une chanteuse alcoolique sur le déclin, dont on retrace la vie en flash-back. Paris, il est projeté dans la plus grande salle de cinéma du monde, le Gaumont Palace.

Le succès gagne les pays de l’est, l’Amérique latine. Chimène dans Le Cid aux côtés de Charlton Heston. Elle refuse le rôle et lui conseille Sophia Loren qui est engagée. Cela dure jusqu’au début des années 1970, où, malgré ses tentatives avec des réalisateurs connotés  intellectuels  comme Mario Camus, Juan Antonio Bardem, Jorge Grau, la formule ne fait plus recette.

Volontiers dévêtue ou habillée de strass et de paillettes dans ses spectacles, Sara Montiel devient peu à peu une diva, qualifiée par le petit Larousse ibérique de  diva espagnole la plus importante de l’après-guerre . La Movida ne la rejette pas, au contraire, ses opinions ouvertement de gauche et ses déclarations fracassantes la rendant sympathique auprès des nouvelles générations. Elle parle librement de sexualité, devenant ainsi une sorte de Mae West latine, dont les excentricités et les histoires de cœur font la joie de la presse people. Pedro Almodóvar lui rend hommage dans La Mauvaise Éducation. AFP,  Décès de l’actrice espagnole Sara Montiel , sur lemonde.